Hyper-automatisation des tâches : Vers une société d’intellectuels ou destination idiocratie ?

Armin KADRIC, consultant chez Ted L’hyper-automatisation est tout simplement, l’automatisation par des robots de toutes les tâches existantes de notre quotidien. Allant de la bureautique avec la RPA, à l’industrie par la robotique, tout en passant par les domaines de la santé, du commerce et de la construction. Aucun secteur n’est épargné. Et ce, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle qui, combinée aux technologies existantes apporte un nouveau message pour la population :


« Moins de temps au travail, plus de temps pour la famille et les activités » (UiPath, s.d.)

Pourquoi faudrait-il passer sa vie à travailler sur des tâches répétitives ?

L’hyper-automatisation apporte une promesse de liberté: le Task Mining pourrait se démocratiser au-delà de la RPA, y compris dans la découverte des tâches manuelles.

La construction du robot sur-mesure deviendrait alors une évidence, le Task Mining se chargeant d’analyser vos tâches et ensuite de produire un robot pour effectuer le travail à votre place.

« Nous concevons des robots pour que les gens ne deviennent pas des robots » (UiPath, s.d.)

L’hyper-automatisation nous fait prendre conscience d’une chose: l’argent n’a pas d’importance, la seule monnaie existante n’est autre que le temps, et ce temps est précieux, donc pourquoi le gâcher au travail? Pourquoi passer sa vie à faire des tâches répétitives? Même les métiers nécessitant de nombreuses années d’études comme chirurgien, dentiste, avocat, sont des métiers ou les tâches se répètent chaque jour.

L’hyper-automatisation apporte la solution à nos problèmes, mais le chemin peut nous mener vers deux évolutions différentes de la société, « l’intellocratie » ou « l’idiocratie ».

Deux paradigmes qui s’opposent en tous points, l’un est une promesse d’anarchie et l’autre est l’assurance d’un monde idéal.

Intellocratie

Monde futuriste comme on l'imagine, guidé par l'hyper intelligence











L’intellocratie, est la vision d’une société futuriste hyper-automatisée ainsi qu'hyper-intelligente, axée sur des principes écologiques et innovants.


Que faire de son temps libre ? Si seulement les robots pouvaient tout faire à notre place, quels seraient nos occupations pendant tout ce temps à notre disposition, si les anciens travailleurs pouvaient se focaliser sur des sujets de science nous y gagneront beaucoup, les progrès seraient considérables en l’espace de quelques décennies, les avancées dans le transport, la médecine, les sciences et le spatial. Le temps libéré nous permettrait de se focaliser sur des tâches de créativité, de recherche et d’ingénierie en recherche et développement, l’intelligence artificielle atteindrait un niveau cosmique, les frontières de l’impossible s’ouvriront pour donner de nouvelles perspectives. Dans une telle société, les ressources sont gérées de manière équitable, l’écologie est une évidence pour chacun, même les conceptions deviennent éco-friendly, pas question de créer des produits polluants. C’est le chemin d’une société ou l’intelligence et l’innovation priment sur tout.


Idiocratie

Affiche du film Idiocracy, 2006












L'idiocratie est la vision d’une société feignante et stupide, axée sur des principes de surconsommation et de reproduction massive.


Pour ceux qui n’auraient pas vu le célèbre film « Idiocracy » produit par Mike Judge en 2006 avec l’acteur Luke Wilson, vous pouvez y contempler une vision d’un monde chaotique. Avec ce film, en seulement 1h24 vous comprendrez le risque qui pèse.

L’hyper-automatisation n’est pas le contexte majeur du film mais vous allez le voir partout, à la maison, dans les hôpitaux, dans la rue, au poste de police. L’hyper-automatisation apporte le risque d’une société qui se détache de toute forme de créativité et même de responsabilité, entraînant un excès de consommation des ressources, une multiplication de la population mondiale et surtout un temps devant les écrans qui peut aller du matin jusqu’au soir, le travail semble tellement loin dans cette vision du monde. Dans l’idiocratie, nous consommons, polluons sans traiter aucun déchet, regardons la télévision à longueur de journée, la population se reproduit massivement, l’eau est remplacée par la boisson énergisante. Pour le reste, c’est l’hyper-automatisation qui se charge de nous.

Dans la réalité, la perfection est impossible. Il est fort probable que l’avenir de l’hyper-automatisation donne lieu à une société hybride entre intellocratie et idiocratie, l’une ne semblerait pas exister sans l’autre. Une proportion du groupe serait ravie d’utiliser cette montagne de temps libre fournie par l'hyper-automatisation, pour se perfectionner, se former, apprendre plus, et ainsi devenir une meilleure version de soi-même. L’autre partie du groupe, moins attirée par l’apprentissage et les connaissances, y verrait plutôt, une libération.

Ils seraient libérés des tâches répétitives. Que l’on soit d’un côté ou de l’autre du groupe, l'hyper-automatisation a de forte chance d’éclaircir les esprits. L’ancien employé se sentira libéré du marché du travail, libéré d’un marché qui dévore son temps et sa vie. Il se posera la question: "suis-je aussi facilement remplaçable que cela par un robot?" La réponse serait sans doute, oui. Il se rendra compte qu’il a passé sa vie à enrichir les autres.

Que ce soit lui ou le robot, l’important est le résultat. L'hyper-automatisation risque de chambouler l’ensemble de la société y compris les marchés traditionnels dont celui du travail dans un premier temps. Le système monétaire en place risque de devenir obsolète, car celui-ci est basé sur le travail et donc sur l’offre et la demande, il est fort probable qu’un nouveau système monétaire émerge pour détrôner le dollar qui est déjà sur le bon chemin de la faillite. Le mode de vie « travail-salaire-consommation » sera complètement transformé en un autre modèle qui n’est pas encore défini, mais celui-ci risque d’être très virtualisé. Les intellocrates hériteront du monde et de ses paysages. Pendant ce temps, les idiocrates seront placés dans un nouvel eldorado du travail numérisé, le metaverse.

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